Rencontre avec Linda Mai Phung, fashion designer

C’est par l’intermédiaire d’une amie que j’ai découvert le travail de Linda Mai Phung. De saison en saison, elle conçoit des collections riches, portables, ultra-désirables. Son travail gagne en maturité et originalité. Elle nous raconte de vraies histoires à travers ses créations.
Rencontre avec une jeune designer de mode dont le nom va devenir une des références en matière de prêt-à-porter.

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 english_version01Où as tu grandi ? Quel est ton parcours ?
J’ai grandi en banlieue parisienne. Avec mon bac L Arts en poche, j’ai étudié la mode a Duperré et fait une année d’échange aux Arts Décoratifs de Prague.

Petite, tu t’imaginais déjà travailler dans la mode ?
Oui, créer un univers, son petit monde personnel en dessinant ou en écrivant des histoires, c’était mon passe-temps favori.
Voir ma mère nous confectionner des vêtements ou tricoter des pulls Bioman m’a convaincue que je voulais créer des vêtements.

Qu’est ce qui t’attirait dans la mode ? Ton premier choc en matière de mode ?
L’artisanat, l’amour du travail bien fait, la recherche de la définition de la beauté.
Mon premier choc : les dégats humains et environnementaux qu’un si bel univers pouvait causer…

Qu’est ce que l’école Duperré t’a apportée ?
Duperré m’a permise de développer ma créativité, d’aiguiser et approfondir mes recherches en terme de tendances ou de concept et a penser un vêtement au delà de l’univers mode. J’ai aussi appris très vite que la mode était un milieu très compétitif où une bonne communication et un bon relationnel est clef, et j’y ai été relativement bien préparé.

Quand et comment as-tu commencé dans l’industrie dans la mode ? Tes premiers jobs ?
Après mes études, j’ai fait 1 an de stages dans plusieurs secteurs différents tout en travaillant en tant que vendeuse dans le pap : dans des bureaux de tendance, grande maison de mode, chez des créateurs. Cela a complété ma formation et surtout, ça m’a permis de reconnaitre ce que je voulais faire ou pas.

Quelles sont les rencontres qui ont été révélatrices, inspirantes ? Les pires rencontres aussi?
Ines Kaag, l’une des fondatrices de Bless à Berlin.
La chef d’atelier de couture vietnamienne avec qui nous travaillons depuis les débuts.

Je n’ai pas de pires rencontres, j’en apprends toujours même si ça ne se passe pas bien.

Tu es d’origine vietnamienne. Tu t’es installée là bas, était-ce un choix stratégique ? Quelles ont été tes envies de départ ?
C’est un mix entre des envies personnelles et pro; je voulais voyager, en savoir un peu plus sur les origines de ma famille et développer mon projet de mode éthique et écolo.
Le Vietnam est devenue une évidence professionnelle quand j’y ai découvert la richesse de l’artisanat des minorités, sa place centrale pour voyager Asie et son environnement économique super dynamique.

Tu dis dans certaines de tes interviews qu’il faut être « patient(e) » surtout quand on a un rêve. Mais entre nous, que faut-il d’autre ?
Beaucoup beaucoup de travail : oublier les vacances pendant un bon moment, et bien s’entourer autant dans sa vie professionnelle que sa vie personnelle.

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  english_version02 Alors parlons un peu de tes collections.

 

Comment démarre la phase de création ? Tu dessines beaucoup ? Des milliards de moodboards ?
Je collecte des images, des objets, des matériaux pendant mes voyages, je regarde ce qu’il se passe dans la mode internationale dans les blogs ou les magazines de mode. Je commence par les couleurs et matières qui m’inspirent, je réfléchis a un imprimé ou un développement textile avec l’un des groupes ethniques vietnamiens que j’ai rencontré.
Parfois je fais un pinterest, mais le format “écran d’ordinateur” est réducteur, et finalement j’ai un gros classeur ou sont collectes toutes mes inspirations et mes essais textiles / couleurs.

Ton travail est très éthique, respectueuse de l’environnement. Comment fais-tu pour respecter ses principes dans tes collections ?
Je m’efforce de travailler avec des matières naturelles locales ou écologique : soies, lin, coton bio, lyocell, matières recycles, laine.

Peux-tu nous parler d’une pièce de ta collection AH 14-15 qui te plaît plus que les autres ?
C’est la robe chemise imprimée du plan d’Ho Chi Minh Ville, c’est une robe autobiographique. Elle représente mon quotidien au Vietnam avec mes endroits favoris indiqués par des petites icônes a Ho Chi Minh Ville mais réunis aussi les thèmes du voyage et de la découverte.

Dans ton travail, on remarque un vrai travail graphique qui se retrouve sous forme d’imprimés, en doublure … Est-ce toi qui dessine ? Ou travailles-tu en collaboration avec des graphistes ?
J’ai beaucoup de gens talentueux autour de moi qui m’inspirent et ils m’arrivent de travailler avec des illustrateurs oui.

Il y a également des empiècements inspirées de l’origami. Comment t’es venue l’idée ?
Je n’ai pas eu d’illumination a proprement parler, mais j’imagine que c’est mon petit côté asiatique :). Cet art de créer mille et une forme a partir d’une seule feuille de papier, c’est quand même fascinant pour tout designer.

Tes lookbooks sont très beaux, pareils pour les photos de campagne, c’est toi qui imagine le tout ou tu travailles avec d’autres créatifs ?
Merci !

J’ai vu que tu proposais des tote bags pour certains évènements. Penses-tu à créer une ligne d’accessoires ?
Pas pour le moment non.

linda3Merci à Linda d’avoir pris le temps de répondre aux questions. Si vous voulez voir son travail, c’est par ici : http://www.lindamaiphung.com/

 

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