Fly Sarah to the Moon

Parler d’art relève toujours de l’exercice difficile. Entre les goûts, l’éducation visuelle individuelle, les affinités, l’art se trouve régulièrement au coeur du débat. On rencontre le même problème en architecture d’intérieur mais ça, c’est une autre histoire. Parlons plutôt de ce médium qui semble faire l’unanimité : la photographie.

Qu’est-ce-que la photographie ? Comment peut-on juger d’une photo qu’elle est réussie ou non ? Faut-il le dernier Leïca sorti pour être « taxé » de photographe ? Une photographie est-elle forcément artistique ? Les questions que je pose ne sont pas nouvelles et ne trouvent pas de réponses aisées. Elles ont été traitées par de nombreux spécialistes même Baudelaire en faisait partie. Aujourd’hui, la plupart des spécialistes estime que pour comprendre la photographie contemporaine, il faut connaître l’histoire, l’évolution de ce médium tant décrié.


Pour ouvrir ce point, NajaAtelier a décidé de consacré quelques lignes sur la photographie contemporaine. L’artiste choisie est Sarah Moon.

2 raisons ont poussé à ce choix : J’ai déjà eu l’occasion de travailler sous ses ordres il y a quelques années. Et je reviens de  sa dernière exposition coïncidencesse  au Botanique à Bruxelles.

« Very often I say to myself: I would like to make a photo where nothing happens. But in order to eliminate, there has to be something to begin with. For nothing to happen, something has to happen first. »

Sarah Moon s’est imposée comme une figure féminine incontournable de la photographie. Véritable artisan de l’image, elle constitue, tout en finesse et en perfection. Les scènes qu’elle travaille sont des mélanges de réel et fiction. Son travail a connu un grand succès surtout grâce à ses années Cacharel (la pub Loulou par exemple). Sarah Moon impose un style inclassable et hors du temps. Il est vrai qu’elle travaille souvent avec le milieu de la mode mais ses recherches sont toutes aussi incroyables. Au milieu des années 1980, la carrière de l’artiste prend un véritable tournant lorsqu’elle décide d’abandonner le « travail appliqué » des commandes publicitaires pour des projets plus personnels et purement artistiques


Sarah Moon n’hésite pas à travailler à même les négatifs en les grattant ou en les salissant (même démarche artistique de William Klein qui lui peint directement sur les tirages), de manière à inscrire dans le support la marque du temps qui passe. Ses mises en scène étudiées évoquent des contrées lointaines et des époques révolues. On y trouve des personnages sortis de contes, des animaux venus d’ailleurs ou encore des paysages désertés qui rappellent le travail des cinéastes des années 30.

L’atmosphère irréelle qui se dégage de ses photographies, renforcée par son usage du flou et des demi-teintes, tient du rêve ou parfois du cauchemar. C’est avec une indéniable violence, certes pleine de grâce et d’élégance, que les cadrages de Sarah Moon découpent et déréalisent ses sujets. Privilégiant le noir & blanc à ses débuts, cela lui permet de rendre toute la solitude, l’irréel, l’absence de temps. Son travail de la couleur est résolument différent. Elle travaille comme un peintre veillant à révéler chaque teinte qu’elle reconsidère comme un pigment.Le flou qu’elle manie avec brio rappelle le sfumato de Léeonard de Vinci.
Aujourd’hui, la dame de caractère travaille toujours mais pour elle. Parfois, elle viole sa volonté de quitter la mode en travaillant pour des marques qu’elle affectionne et dont elle porte les créations.

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